Arénicole, de l’hémoglobine dans les tuyaux !

Intérêt thérapeutique de l’arénicole, annélide polychète

Par sylvie Roche

Les vers ! Tout le monde en a entendu parler ! Premier animal marin à posséder un cerveau dans l’Evolution, même si on se demande où il se situe…

Arénicole

L’arénicole est un ver annelé, donc appartenant aux Annélides, polychètes de surcroit, donc possédant de nombreuses soies. Et pour parachever, limicoles : vivant dans les sédiments. Les populations d’arénicoles peuvent atteindre des densités de 100-150 individus par mètre carré et constituer 30 % de la biomasse d’une plage ordinaire. Si on savait où on met les pieds !

Les sexes sont séparés et non identifiables extérieurement. Il y aurait 3,75 femelles pour 1 mâle.

Le pic de reproduction a lieu en octobre-novembre. Les gamètes sont émis simultanément, sur une courte période de 4-5 jours lors de basses mers de vive eau. Ce synchronisme est dû à des signaux chimiques (phéromones) libérés par les individus reproducteurs. Les ovocytes restent dans la galerie, les spermatozoïdes s’étalent en galettes à la surface du sédiment et sont entraînés dans les galeries, où a lieu la fécondation, par le courant d’eau engendré par les femelles lorsque la mer remonte.

Les larves se développent dans la galerie de la femelle. Les post-larves rampent dans la couche superficielle du sédiment et peuvent être entraînées par les courants mais ne mènent pas une vie franchement planctonique. Les juvéniles s’installent sur des territoires différents de ceux occupés par les individus âgés. Les individus peuvent atteindre la maturité sexuelle au bout d’un an et plus généralement au cours de leur deuxième année. La durée de vie serait d’au moins 5-6 ans.

Arénicole2

 

Et bien ce tout petit animal est en passe de devenir un « sauveur de l’humanité » !!

Voilà comment on extrait l’hémoglobine du ver marin :

Un processus long d’une semaine : d’abord, les vers sont tués par surgélation ; puis, à partir de glaçons entiers de 250 à 300 kg d’arénicoles, les animaux sont décongelés dans une solution qui libère leur hémoglobine. Le mélange obtenu est ensuite purifié et filtré, pour obtenir un résultat de quelques kilos d’hémoglobine pure.

Dans le cas de l’arénicole, la structure de la protéine d’hémoglobine montre 90 à 95 % d’homologie avec celle de l’homme.

Lorsqu’on connait les besoins en sang : 10 000 dons sont nécessaires par jour. Depuis 2001, la consommation en produits sanguins s’est accrue de près de 22 %.

Cette hémoglobine d’arénicole est maintenant utilisée comme solution de conservation des greffons, elle est aussi employée comme pansement oxygénant, augmentant la vitesse de cicatrisation des plaies pathologiques ainsi qu’en cancérothérapie.

 

Pour assurer ses besoins en arénicoles, la société Hemarina, basée à Morlaix, a fait l’acquisition en 2013 d’une ferme aquacole de 13 hectares dans les environs de l’île de Noirmoutier, en Vendée. Pour l’instant, les vers provenaient des Pays Bas. Cette ferme qui élève actuellement du poisson turbot Label Rouge sera bientôt la première de France à élever ces vers marins de manière industrielle.

Après six ans de recherche et de développement, le laboratoire est sur le point d’obtenir l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de mener les premiers essais cliniques chez l’homme.

L’hémoglobine d’arénicole, baptisée HEMO2life, sera utilisée sur 60 patients à travers la France. Ce projet hospitalier de recherche clinique va être dirigé en collaboration avec les CHU de Brest, Tours, Lyon, Limoges et Paris (information datant de juillet 2015).

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